Des milliards investis. Des clôtures célébrées. Et pourtant, la majorité des dispositifs d’appui ne survivent pas au retrait de l’accompagnement. Ce n’est pas un problème de conception, c’est un problème de calendrier.
Il existe un moment précis dans la vie d’un programme de développement qui ne figure jamais dans les termes de référence. C’est le moment qui suit la cérémonie de clôture, quand le bailleur a replié ses bannières, quand le consultant a livré son rapport final, et quand l’équipe locale se retrouve seule face à ce qu’elle est supposée faire durer. C’est là, dans ce silence institutionnel, que se joue réellement l’impact.
Les données sectorielles sont sans appel. Moins de 35 % des PME africaines dépassent cinq années d’existence. Les études d’évaluation rétrospective des programmes d’appui entrepreneurial, menées par l’AFD, la Banque mondiale ou la GIZ sur les dix dernières années, convergent sur un constat similaire : entre 60 et 70 % des dispositifs financés perdent leur capacité opérationnelle dans les dix-huit mois suivant la clôture du financement. Pas parce qu’ils étaient mal conçus. Mais parce que la durabilité n’était pas dans le périmètre de la mission.
Ce n’est pas une critique des bailleurs. C’est le symptôme d’un modèle qui organise le soutien autour de phases temporelles, diagnostic, déploiement, évaluation, sans jamais budgéter la phase de pérennisation. Le mot figure dans les logframes. Il est rarement opérationnalisé. Résultat : on mesure la qualité d’un programme au moment de sa clôture, c’est-à-dire au pire moment pour juger de son impact réel.
La question n’est pas de savoir si un programme a atteint ses indicateurs à M24. Elle est de savoir si, à M42, les structures qu’il a renforcées peuvent encore fonctionner sans lui. Ce qui reste dix-huit mois après n’est pas accidentel, c’est le seul résultat qui compte. Et il se construit délibérément, avec des outils différents de ceux qu’on mobilise pour le déploiement : gouvernance interne, transmission des compétences, systèmes de suivi que les équipes s’approprient réellement, capacité à générer des ressources propres.
La bonne nouvelle, c’est que cet écart entre clôture et durabilité n’est pas une fatalité. Il se comble par une intervention ciblée, à un moment précis, ni trop tôt, avant que les équipes aient internalisé les pratiques, ni trop tard, quand les habitudes se sont déjà défaites. C’est ce moment-là que REZYNE est conçu pour occuper.
La question à poser à tout programme d’appui avant son lancement n’est pas : « Quels sont vos indicateurs à M24 ? » Elle est : « Qui sera là à M42, et avec quels outils ? »
Les taux de survie des PME cités sont tirés des rapports d’évaluation sectorielle de l’AFD (2022), de la Banque mondiale (Africa SME Finance Report, 2023) et du CGAP (Microfinance sustainability indicators, 2024). Les données sur la pérennité des dispositifs sont issues d’une compilation d’évaluations rétrospectives sur 47 programmes en Afrique subsaharienne (2015-2024).

